Jusqu’au Wisconsin pour se donner la permission.

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Oak Street Beach. Chicago. 14 juin, 11.30am

Admirer la découpe des gratte-ciel pris en sandwich entre une plage de sable blanc et le ciel bleu de Chicago, les pieds dans l’eau turquoise du lac Michigan, voilà où j’en suis! Devant moi, l’eau se dresse sans fin et le bruit des vagues couvre celui du trafic. Les enfants s’activent sur la plage à construire château et gâteau de boue, maman derrière, téléphone intelligent à la main pour immortaliser le tout sur photo. Je me dis que je devrais bien pousser l’exploration un peu plus loin, mon temps dans la ville étant limité. Mais j’ai trouvé un petit coin d’ici et maintenant et je n’ai pas envie de le quitter. Pas tout de suite. Je me donne la permission de rester sur place et d’être, tout simplement.DSC09931-01

Ce voyage à beaucoup à voir avec se donner la permission. Me donner la permission de penser et de faire les choses différemment, de me connecter au moment présent, de me sentir légère et de revisiter ma relation à l’argent.

Il y a près de deux ans, en parcourant les rayons d’une librairie, j’ai découvert Jason Kotecki et Escape Adulthood. Escape Adulthood, ou échapper à l’âge adulte, est le projet de vie de Jason et sa femme, Kim. Ils se sont donnés comme mission de former une armée de combattants. Des combattants qui refusent de devenir adultes lorsque cela signifie perdre la capacité enfantine de s’émerveiller, de jouer et de voir en chaque opportunité un appel à la curiosité et à l’aventure.

Depuis 2012, ils regroupent une fois par an cette armée de guerriers loufoques pour un sommet de deux jours où règne légèreté, jeu, surprise et inspiration. L’an passé, j’ai ignoré l’appel. L’idée de m’échapper au Wisconsin (le Wisconsin!!!! Un morceau de robot si vous savez le placer sur une carte géographique!) pour un sommet de deux jours était était hors de considération avec mon budget, mais surtout, avec ma façon d’aborder mes priorités. Cette année,  j’ai encore une fois reçu une invitation pour le sommet annuel d’Escape Adulthood et je l’ai encore une fois discréditée. Heureusement pour moi, mon coeur à cette fois contre-attaqué.

Au début de 2017, j’ai amorcé une série de changements dans ma vie ayant pour objectif de me départir des croyances qui limitent ma croissance personnelle et de miser sur les valeurs qui me sont sont précieuses. Haut-placées sur cette liste, se trouvent légèreté, passion, rire, curiosité et esprit joueur. Constamment vivre avec le sentiment de pénurie ou de rareté ne s’y trouve pas. Ainsi donc, je me suis donnée la permission d’investir en moi et d’aller combattre l’aldultisme au Wisconsin (et de faire un détour par Chicago, Illinois, au retour)!

Cette année, le sommet avait pour thème l’aventure au quotidien. Les deux derniers jours ont donc passé à décorer le gâteau le plus hideux possible, à faire des batailles de sumo, à se lancer la balle, à faire des ateliers d’improvisation, à peindre ma propre tasse  avec tout sauf un pinceau, à faire connaissance avec de sympathiques combattants et à écouter d’inspirantes présentations. Vous ne serez pas surpris si je vous dis que l’une parlait justement de l’art de se donner la permission! Je l’ai pris comme un clin d’oeil pour me dire que je suis sur la bonne voie!

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Mon équipe au travail.
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On l’a nommé New-York Fall Down Zombie Apocalypse.
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Récréation après le lunch mexicain dans un superbe environnement.

Zut, un bateau vient de passer, laissant des vagues dans son sillon. J’ai bel et bien vu la vague arrivée, mais je n’ai pas eu le réflexe de me déplacer et j’ai tout raflé! Sac et souliers compris! Bah, il fait drôlement chaud, ça va sécher vite fait! Je vais tout de même prendre ça comme un signe qu’il est temps de poursuivre l’aventure!

1.00pm

Ça existe déjà le manuel Comment visiter la ville pour les nuls ? Parce que je suis une touriste merdique en milieu urbain. Sérieusement, il faudra bien qu’un jour quelqu’un m’explique.  À chaque fois, c’est la même histoire! J’allais m’entêter à marcher et marcher et marcher, trop cheap pour m’offrir le court tour de bateau-taxi qui me faisait envie.  Heureusement pour moi, mon coeur en a eu marre d’être ignoré et m’a forcé a rebroussé chemin. Oui madame, je me suis donnée la permission de dépenser un grooooos 8$ pour le bateau! (Je prend ici ma propre défense pour vous rappeler que le taux de change joue drôlement en ma défaveur avec mes pauvres dollars canayens. Piètre défense, je sais…) Je n’arrivais bien sûr pas à décider lequel des deux trajets choisir, alors par esprit d’aventure (et un peu beaucoup pour mettre fin à l’angoisse), je m’en suis remise au hasard. Non seulement le hasard a bien choisi et j’ai ainsi découvert la ville sous un différent angle, mais j’ai retrouvé ma légèreté d’être par le simple fait d’assumer mes désirs sans m’en sentir coupable et de m’accorder davantage de valeur qu’aux billets verts dans mes poches.

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Voyez que ca valait la peine de dépenser 8$ (US! 😉
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Chicago a de magnifiques bâtiments qui date du siècle dernier.
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Sculpture connue sous le nom de Cloud Gate à Chicago.

5.40pm

Assise dans un autobus de la ville, je vais sans direction précise. Sans direction, peut-être, mais avec un but bien précis : celui d’échapper aux pluies torrentielles et aux éclairs à répétition qui bombardent Chicago. Déjà en 30 minutes, les routes de la ville sont inondées à certaines intersections et je n’ai parfois même pas le temps de compter plus longtemps que deux secondes entre l’éclair et le tonnerre qui en suit. Bref, c’est la fin du monde et je m’accroche à cet autobus comme le lion et la licorne ont dû le faire sur l’Arche de Noé. J’avais un itinéraire, mais lorsque les éléments se déchaînent, il est beaucoup plus sec d’en déroger! De toute façon, ce n’est pas à tous les jours que j’ai la chance de m’émerveiller devant un spectacle d’une telle force brute.

7pm

Après m’être permise l’achat d’un parapluie (parce que le mien est demeuré au sec et tout fripé dans mon bagage), j’ai poursuivi la visite sous la pluie désormais faible.  Mes pas m’ont mené dans une crèmerie où je me trouve en tête à tête avec un sorbet justement plus gros que ma tête. J’aurais pu me contenter d’une seule boule, surtout que le coeur va me lever bien avant d’avoir englouti ce monstre, mais j’ai voulu m’accorder suffisamment de valeur pour m’offrir la douceur glacée qui me faisait envie.

J’ai voulu me donner la permission de vivre pleinement tout bonnement parce que je le mérite. Voilà l’essence de ce voyage au Wisconsin!

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L’image est trompeuse, je vous jure que la chose est énorme!
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Jason d’Escape Adulthood est aussi un artiste graphique. « Vis comme si quelqu’un avait laissé la barrière ouverte ». J’adore!

 

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