Analogie d’un voyage au fond du gouffre et de la remontée

Une spiral descendante s’est emparée de moi. Une fois prise dans son vortex, il n’est pas facile d’en ressortir. La dynamique s’installe et je sombre de plus en plus profondément sans pouvoir m’arrêter. Il n’y a rien auquel m’accrocher et je dégringole vertigineusement. Mon cerveau est pris dans un brouillard opaque, ma cage thoracique dans un étau. Je suffoque.

Je suffoque.

Puis, ça s’arrête. La chute prend fin. J’ai touché le fond. Je suis debout au milieu d’une minuscule pièce d’un blanc plus que blanc. Un espace trop lisse, sans texture, sans angle, sans rien où poser le regard. Sans issue.

Mais voilà que mon imagination se met en branle. Un pot rempli de craies apparaît devant moi. J’en prend une et sur le sol à mes pieds, je dessine un arbre. L’arbre prend forme sous mes yeux, se tortillant vers le haut, remontant le tracé de la spiral. L’arbre a une texture rugueuse, si réelle, si apaisante. Son tronc noueux m’invite à y grimper. Pied nu, je commence l’ascension. Je m’agrippe, lève le pied, transfère mon poids et continue l’escalade, encore et encore.

Puis, une idée me vient. Je sors la craie de ma poche, étire le bras et dessine une fenêtre sur la paroi trop blanche et trop lisse. La fenêtre s’ouvre d’elle-même et j’y glisse la tête. Je suis immédiatement assaillie par une vitalité incomparable. Des enfants jouent et hurlent de joie, des oiseaux s’égosillent dans une ultime tentative de séduction, des amoureux s’aiment bruyamment et la vie s’active dans chaque recoin. La lumière est éclatante, les couleurs radieuses et les nuances riches et nombreuses. Les odeurs se bousculent et entraînent mon nez dans une course folle. L’arôme d’un copieux repas, les effluves d’un bouquet fraîchement cueilli, le parfum d’un bébé dodu. Je respire à pleins poumons et je veux mordre à pleines dents. Goûter les saveurs de la vie, n’en manquer aucune. Saisir tout ce qui passe. Attraper des bulles de bonheur et les engouffrées dans mes poches. Les sentir toujours à mes côtés et pouvoir me les remémorer à souhait.

Je me détourne de la fenêtre et pointe mon regard vers le bas. Le fond est désormais lointain et je ne saurais l’apercevoir. Je regarde vers le haut. L’arbre continue son ascension. Je pourrais continuer à grimper et aller voir ce qui se trouve tout là-haut. Mais cette fenêtre que j’ai ouverte m’offre déjà tout ce dont je peux rêver. Ici. Maintenant. Un monde de richesses à découvrir, de sensations à ressentir, d’expériences à embrasser. Je respire profondément et je souris. Je prend mon élan et par la fenêtre ouverte, je saute.

Je reviens de loin.

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4 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Salut Mia, que tu puisses décrire cet état d’âme, manifestement, c’est que tu en es ressortie…je t’avoue que c’est un peu freakant pour moi ,de le lire, je ne sais pas où commence la poésie et où se terre la réalité. Je suis toujours un peu inquiète d’arriver dans ce genre d’écrits. AMITI´ES. XXX ta matante qui t’aime.

    1. miya001 dit :

      Je me suis assise dans mon hamac avec mon carnet et crayon parce que ça n’allait pas et que j’en avais assez de m’enfoncer. Quand mon ami a retourné mon appel, juste comme je venais de terminer d’écrire, je n’avais plus besoin de son aide pour me sortir du gouffre! J’en étais sortie toute seule en 30 minutes d’un voyage plutôt fascinant. Je peux créer la spiral descendante avec mes pensées, mais je peux aussi créer tout ce dont j’ai besoin pour en sortir. Ce fût une belle réalisation que de constater qu’un simple exercice d’écriture et un voyage à l’intérieur de moi-même, dans mon monde imaginaire, pouvait me permettre de réellement reprendre pied dans le vrai monde!

      Et puis toute proportion parlant, ce texte est 1/4 descente pour 3/4 remontée, n’est-ce pas?! Peut-être aurais-je dû le nommer Voyage aller-retour au fond du gouffre ou Comment sortir d’une spiral descendante. Bref, ce texte je l’aime et il me rappelle que si j’ai créé ma propre sortie de secours une première fois, je pourrai le refaire encore! 🙂

  2. France Lauzon dit :

    Salut! Mia, ça me fait peur de lire ce genre de truc mais je sais que tu l`as surmonté.Comment te dire que je tiens à toi plus que tout.Jespère que tu peux en parler avec quelqu`un de ce que tu vis.Poésie et réalité se joingnent pour former un tout.Ton tout . Je t`aime et je serai toujours là pour toi . xxx

    1. miya001 dit :

      Ah la famille! Vois la réponse au haut!
      Manifester des émotions plus sombres qui peuvent me traverser à certains moments ne veut pas dire que je passe tout mon temps à me sentir de la sorte et ça ne veut pas dire non plus que ma vie est catastrophique. Là n’est pas du tout la note finale de ce texte et de mes sentiments non plus.

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