Histoire de concombres

Comment vous décrire mes états d’âme des dernières semaines? Le mieux serait de vous parler de mes rencontres Meetup et de mes visites au supermarché. Ouais, ça devrait dresser un portrait assez complet!

Je vous ai déjà parlé de Meetup, ce site où on peut participer à des évènements des plus variés dans le but de rencontrer de nouvelles personnes qui partagent des intérêts communs. Je suis très active avec deux groupes: Victoria Life Lovers et Inspired Victoria.  Deux groupes qui portent bien leur nom. Deux groupes qui chaque semaine, me font rencontrer plein de monde, mais surtout qui mettent tout plein de soleil dans mon coeur! Je jase, je rie, je joue, je fais de la rando, je me fais de nouveaux amis, je suis inspirée, j’ouvre la porte à de nouvelles opportunités. Bien entourée, je me sens à ma place et je me vois aller de l’avant. Heureuse, l’esprit vif et l’âme légère. Je sens pratiquement Maître Yoda et la Force à mes côtés, c’est peu vous dire!

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Mais bien sûr, le côté obscur m’attend dans le détour. À quelque part entre le rayon des conserves et des petits fruits congelés. Là, dans les entrailles du supermarché, mon âme est tout sauf en paix. Je vous présente le dilemme. Concombres. Je voudrais acheter bio, mais c’est trois fois le prix et mon salaire d’employé moins-que-partiel, ne me le permet pas. Mode économie comme je ne l’ai rarement été dans ma vie. Pas de sortie, pas de café, pas de vêtements de seconde main, pas de fioritures. Pas de concombres bio, donc. Faudra me contenter de ne pas imaginer les produits chimiques et organismes génétiquement modifiés qui font connaissance avec mes organes internes.

Si on ne fait pas dans le bio, faisons dans le local! Beaux concombres anglais sortis du sol fertile de l’île de Vancouver. Plus local que ça, ça pousserait dans le jardin que je n’ai malheureusement pas! Oh! Hum, les beaux concombres d’ici sont emballés individuellement et viennent en paquet de trois, remballés de nouveau, bien sûr! Et je me suis promise après avoir assisté à un week-end de présentations sur le développement durable (où mon envie d’agir n’a fait que grandir. Dur de faire autrement lorsqu’on est face à face avec des gens inspirants qui nous démontrent que c’est possible de faire mieux!)
que je pousserais d’un cran mes efforts vers la réduction de déchets. Le Zero Waste comme on dit en anglais. Alors je peux acheter les concombres sur-emballés qui ont poussés sur l’île, ceux non-emballés qui ont brûlé du pétrole sur 10 000 km pour atterrir dans les rayons de mon épicier ou ceux bio beaucoup trop chers pour mon portefeuille. Après de déchirantes minutes à peser le pire et le contre, j’ai décidé de me priver de concombre. J’ai fait le choix de ne pas acheter. Ça semble bien peu mais ça commence avec la mesure de son empreinte. Bien comprendre le cycle de ses biens de consommation et faire des choix éclairés. Et comme je veux vivre une vie éclairée, en harmonie avec les ressources de notre chère planète, je me heurte à ce dilemme devant les concombres, les fraises, le poulet, les petits pois, les croustilles, le poisson, les tomates…

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Au coeur de ce dilemme, mes convictions se heurtent à mon compte en banque. Ça doit bien faire depuis mes années d’étudiante que je  n’ai pas ressenti de façon aussi oppressante la question monétaire. Entendons-nous, je vis ma vie de façon frugale et j’en suis heureuse. Je peux me contenter du plat un peu moins cher lors de mes rares sorties au resto, mais de ne pas pouvoir y aller du tout et de devoir refuser une invitation, ça m’emmerde.

Ne vous en faites pas, les choses vont changer. Réalisant que mes heures de travail resteraient dans le très partiel, je me suis décidée à trouver un second emploi et je commence cette semaine à conduire des ti-môssieux et tite-medames riches en limousine! Ouep, chauffeur! Et ajoutez-y un e siouplait! Sans compter que mon bénévolat à la résidence de personnes âgées devrait se transformer bientôt en des heures salariées. Deux bonnes sources de revenu.

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Alors à moi les concombres bio trois fois plus chers et les poulets en liberté, sans antibiotiques! Il ne me reste qu’à m’assurer de conserver une bonne balance entre mon besoin immédiat d’argent et mes objectifs de carrière, mon horaire de travail et mes temps libres. Parce que j’aimerais bien garder Yoda à mes côtés! On se sent bien quand la Force est avec nous!

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Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. France Lauzon dit :

    J`ai adoré ton histoire.Tu en mets plein la vue.Tu es une excellente raconteuse et ton dessin est extra .

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