C’est quoi ça, l’esprit des fêtes?

Assise devant la fenêtre, je procrastine en écoutant la Bottine Souriante. J’ai le mal du pays. Le mal du temps des fêtes.

Les fêtes de fin d’année me cause problème depuis déjà longtemps. Romantique comme je suis, j’espère toujours un Noël magique. Comme dans les films quétaines avec des baisers sous la neige et du patinage main dans la main. Comme dans La guerre des tuques avec une gigantesque forteresse et des boules de neige qui pleuvent. Comme dans les chansons de la Bottine avec des grosses veillées de violoneux pis de la tourtière du Lac.

Et bien sûr mon temps des fêtes ne ressemble jamais à ça. C’est peut-être moi qui m’y prend mal.

Pour moi, le problème avec Noël ce n’est pas la pression de trouver les cadeaux parfaits ou la pression de se rendre à des soupers de famille auxquels je n’aurais pas envie d’assister, mais la pression d’être dans « l’esprit des fêtes ».

C’est quoi d’abord le fichu esprit des fêtes? Même Google reste évasif sur le sujet. On le glisse dans toutes les conversations et publicités sans mentionner ce que c’est exactement, comme si c’était trop évident! C’est la fameuse magie, n’est-ce pas? Lumière, foi, chaleur humaine, enjouement, joie de vivre et tout le patatras?

Entendons-nous, je n’ai rien contre tout cela, même que je recherche constamment la présence de ces adjectifs dans ma vie.  La période des fêtes exacerbe toutefois ma tendance à l’utopie et je voudrais un assortiment plus que parfait de chaleur humaine, gaieté et émerveillement. Je veux du mémorable, ni plus ni moins!

Et il y en a eu, bien sûr, en commençant avec les Noëls de ma petite enfance. J’avais toute la misère du monde à faire la satané sieste d’avant-minuit et je me réveillais pour trouver une montagne de cadeaux sous le sapin en plus de ceux que j’avais confectionnés moi-même et que j’étais impatiente de distribuer à la parenté. Il y a ces quelques années à aller glisser à l’Île-des-Moulins avec les cousins et cousines pour mieux revenir, joues rosies par le froid et cheveux électrifiés par la tuque à pompons. Je n’ai pas grand chose d’autre à dire au sujet de Noël. Lorsque le Père-Noël a cessé d’exister, la magie a pogné une débarque. L’esprit des fêtes a quand même su remplacer la magie de Noël.

Il y a avait la tourtière, les bûches de Noël, les becs mouillés de matante Ti-Rat, le Minuit chrétiens de Pépère et sa choral de mauvais chanteurs (bon, les mononcles et matantes vont crier à l’offense ici!). Il y avait les réunions du jour de l’an à jouer aux cartes, aux pichenottes ou aux Détecteurs de mensonges.  Il y avait la semaine de vacances à patiner sur l’étang et à jouer avec les nouveaux jouets. Il y avait les partys de famille chez mon amie d’enfance avec la tonne de cousins et cousines tous aussi ado que je l’étais, la musique d’accordéon, les sets carrés et du gros fun noir!

Plus j’écris et plus je me dis que je suis simplement en mal de tradition. Le temps des fêtes est un temps où on répète les mêmes actes année après année. Quand on vieillit, on a la possibilité de choisir ses propres traditions, en conserver et en adopter de nouvelles. Quand on s’exile, ce n’est plus tant une possibilité qu’une nécessité. Par la force des choses, on doit redéfinir ses traditions.

C’est peut-être comme cela que j’arriverai à me reconnecter avec l’esprit des fêtes et à en créer une définition qui me conviendra.

Ainsi donc, je vous souhaite cette année de choisir vos traditions et de les vivre joyeusement.

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*** Joyeux Noël! ***

 

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