L’amour, chercher ou laisser venir?

C’est une bonne chose de ne pas avoir trente ans au début du siècle passé parce que mes parents seraient en train de s’arracher les cheveux en se demandant ce qu’ils avaient bien pu faire au bon Dieu. Les voisins chuchoteraient sur mon passage et les enfants me pointeraient du doigt. « C’est la vieille fille Lauzon! Personne veut la marier celle-là.  »

Vivement pour moi, les moeurs ont changé! Même si mon célibat s’étire un peu trop à mon goût, je peux encore rêver d’un bon parti. Dieu merci, rentrer au couvent n’est pas ma seule option! Ce constat devrait être rassurant, mais il ne l’est pas. Il ne l’est pas parce que ça fait plus d’un an et demi que ma vie romantique est un néant. Comme dans trou noir. Absence de. Rien pentoute. Un gros zéro.

Je suis une fille d’idéaux. À la fois simple et authentique, j’ai les travers d’une grande rêveuse. J’imagine l’amour comme quelque chose de simple et de puissant. Une connexion entre deux personnes. Une chimie qui nous prend possiblement au dépourvu, mais qu’on ne peut ignorer. Un sentiment fort qui nous enrichit d’une énergie et d’une confiance nouvelles. Le sentiment d’être là où il se doit.

Voilà pour ma vision de l’amour! Là où ça blesse, c’est de savoir comment le trouver. Est-ce qu’il faut chercher ou laisser venir?

Attention, ça se complique! Si je cherche, qui et que dois-je rechercher exactement?  Est-ce que je cherche dans les bars, sur les sites de rencontre, sur une paroi d’escalade, à l’épicerie entre les chips barbecue et celles au vinaigre?  À trop vouloir, est-ce que je risque de prendre la première offre sur le plateau? En fait, ma plus grande incertitude est de savoir si on peut activement chercher (et trouver) quelque chose d’aussi abstrait que la chimie entre deux êtres…??

J’aime davantage l’idée de laisser venir. L’idée que les choses se fassent de façon organique, naturelle.  Mais laisser venir, c’est un peu passif, non? N’est-ce pas une façon de ne prendre aucun risque? De se dire que si aucun homme ne frappe à sa porte, c’est que le moment n’est pas encore venu. Et de voir le temps s’étirer et s’étirer sans que le moment n’arrive. N’est-ce pas risqué de s’en trouver aigri et de mettre la faute sur la vie plutôt que sur sa propre passivité?  À tout dire, c’est pour ne pas en arriver là que j’écris ces lignes.

Avec le temps, j’ai réussi à assez bien oublier le contact d’un corps d’homme que le besoin n’est plus angoissant comme il l’était au début. Je peux certes me faire accroire qu’un amoureux n’est pas absolument nécessaire à mon bonheur, mais la vérité est que cette longue période morte (et les déboires qui l’ont précédés) a affaiblie ma confiance. Même pas un flirt pour me sentir désirable. Seulement moi, les jours qui se transforment en mois et l’attente en trouille. La trouille de ne plaire à personne.

Comment fait-on pour envisager le dating avec sérénité? Pour s’y lancer avec confiance? Est-ce un cas de fake it until you feel it ? Peut-être est-ce la seule chose à faire pour aller de l’avant. Faire semblant qu’on n’a pas peur et offrir une performance si convaincante qu’on s’en persuade soi-même.

Aussi bien m’y mettre avant que le siècle passé ne me rattrape et que les voisins commencent à me pointer du doigt!

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6 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Bonjour,
    Je suis tombée sur ton blog par hasard et qu’est-ce que j’ai aimé !! C’est vraiment raffraîchissant et tellement enthousiaste, bien écrit, etc 🙂
    Ce qui est marrant c’est que tu as commencé ta vie par les voyages, explorer le monde, et apprendre à vivre avec toi-même. Et moi j’ai fait l’inverse. Aujourd’hui j’aimerai bien partir comme tu le fais. Mais c’est plus difficile car j’ai une fille; donc je remets à encore plus tard.
    Alors pour répondre à ta question, non pas que je sois bonne conseillère en la matière, mais je peux partager mon expérience (disons que j’ai presque une dizaine d’années de plus que toi 😉 ce qui me permet de pouvoir répondre d’un point de vue personnel !) :
    L’amour, le premier, est venu parce que je voulais rentrer dans un moule (me marier avoir des enfants), je l’ai cherché, et j’ai tout fait pour considérer que c’était lui l’homme de ma vie (alors que ça ne l’était pas). Donc chercher mais en forçant ==> pas la bonne méthode.
    Le deuxième amour, celui que je vis actuellement, je l’ai rencontré par le biais de sites internet. Je n’avais aucune envie, aucun projet de couple, (puisque je l’avais déjà vécu) , je voulais juste passer un bon moment, me sortir la tête de mon divorce conflictuel.
    Et bien je pense que c’était la meilleure méthode (même si dans les faits se mettre en couple c’est toujours très compliqué pour moi). Mais l’adage qui dit que « quand on ne cherche pas on trouve » bon c’est presque vrai.
    A la seule différence est que je mettais en oeuvre des moyens pour rencontrer des gens (sites de rencontre, sorties, etc… ) car l’idée n’était pas de vivre en recluse.
    Bon… j’espère que ça peut t’aider.
    Concernant la trouille que tu peux ressentir, c’est normal… n’hésite pas à accepter quelques rencards pour te mettre plus à l’aise (bon je n’ai pas dit coucher avec le premier venu), mais en discutant, en flirtant, ça te semblera plus naturel. Et quand ça sera le « bon » il saura s’y prendre en théorie, car l’alchimie jouera son rôle.
    Je t’embrasse, j’ai hâte de te lire à nouveau !
    Mon blog : http://thegirlwithadragoninside.blogspot.fr/
    Ah oui tu vas dire que moi je me prends nettement plus la tête que toi, c’est sûr !

    1. miya001 dit :

      Ah! merci de partager ceci avec moi! Je suis contente que mon écriture te plaise. J’ai longtemps cru que mes états d’âme et petites histoires n’intéresseraient personne sauf mes proches qui voulaient prendre des nouvelles. Pour ce qui est de se prendre la tête, lol, je l’ai beaucoup fait et le fait encore (mais je me soigne! 🙂 ).
      Et pour l’amour, je sais bien que je dois enclencher des rencontres. En fait, j’aime bien flirter! Je pense que je suis juste choquée d’une si longue période sans que rien arrive. Et je mets beaucoup d’énergie à pousser de l’avant mes intérêts créatifs, ce qui d’une certaine façon, me sort de ma zone de confort. Bref, je trouve plein de raison pour ne pas en sortir davantage. Mais je pense que maintenant, en ayant écrit et publié l’article, j’ai remué la vase et il est trop tard pour la laisser redescendre! À suivre…!!

  2. gima46 dit :

    Finalement peut être faut-il profiter de la solitude pour apprendre vraiment à mieux se connaître?…

    1. miya001 dit :

      J’ai en effet longtemps refusé d’admettre que je voulais être en amour parce que j’avais l’impression que ça voulait dire que je n’étais pas capable de suffire à mon propre bonheur. J’essaie d’accepter l’idée que je suis toutefois humaine et que comme bien d’autres, j’ai besoin du support et de l’amour des autres pour m’aider à grandir et que ce n’est pas un signe de faiblesse pour autant…bref, j’ai appris à me connaître dans ma solitude, je suis prête à me connaître en relation! Merci de m’avoir lu et d’avoir pris le temps de me laisser un commentaire!

  3. Mince, je n’avais pas vu ta réponse 😦
    Pourtant il me semblait avoir mis des alertes sur les commentaires, et nouveaux articles… bref.
    En tous cas, oui à suivre alors !!

  4. Célibataire épanouie, je dirais qu’il faut le laisser venir. Je ne suis plus en quête d’amour donc je ne suis pas inscrite sur les sites de rencontre mais c’est un bon tuyau pour faire des rencontres.

    Grâce Minlibé

    Auteur de Chimères de verre
    http://goo.gl/393hnI

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