Tête à tête

Hier matin quand je me suis réveillée, j’en avais un peu marre. Après 8 nuits dans la voiture, je m’étais finalement offerte une nuit à l’auberge et bien que ce fût rafraichissant, j’avais quand même envie d’accélérer la cadence et le retour. Pas parce que je ne me plais pas. Parce que j’ai envie de travailler à mes projets créatifs.

Chaque fois que je dis ça, tout le monde s’attend à un méga projet. Quelque chose de sérieux. En fait à part la couture que je ne peux faire sur la route pour des raisons visiblement techniques, mon projet est un peu plus simple que ça. Je veux simplement m’asseoir avec mes crayons, mes pinceaux, mon papier, mon ordi, mes blocs de linogravure et ma peur. Me donner le temps et l’espace pour confronter cette peur de l’échec artistique. En théorie, c’est tout simple comme projet. En pratique… Alors bref, je n’étais plus trop sûre de me plaire en vacances/voyage à cause de cette envie de créer qui reste insatisfaite.

Et je me suis mise à parler avec la proprio de l’auberge. Et on a jasé pas mal. De sa petite ville, Courtenay, que j’avais trouvé plaisante. Du fait de vouloir trouver un autre endroit où vivre, mais de ne pas oser faire le saut.  Des possibilités diverses qu’offraient Courtenay et les environs. Et puis une invitation à faire du wwoofing (travailler en échange d’un toit, comme j’ai fait en Espagne. Quoi que le terme est utilisé de façon de plus en plus large) pendant l’automne puisqu’ils ont besoin d’aide.

La graine s’est installée. Quitte à offrir seulement une semaine ou deux. Ce serait sûrement le meilleur moyen de me faire une idée claire de l’endroit et de me préparer à un départ de Banff qui devra venir bientôt.

Et après avoir visité un centre artistique dans une ville voisine et m’être lancée dans une discussion vraiment intéressante avec une artiste peintre, j’ai bien dû admettre qu’il y aurait toujours une bonne raison pour ne pas se mettre à l’ouvrage. Que ce ne serait pas plus facile de m’asseoir avec mes pinceaux chez moi à Banff qu’ici. Mais que d’une façon ou d’une autre, je devrai le faire. Parce que. J’en ai besoin. C’est tout. Et je dois dire que la conversation fût motivante.

La journée a pris une tournure différente et je me suis sentie mieux. Avec un peu moins de peur au ventre. Et aujourd’hui, assise sur le sable fin des plages de Tofino, sous un soleil radieux, je me sens groundée. La peur, à moins que ce soit seulement de l’excitation, crépite encore dans mon ventre, mais elle ne m’effraie pas. Pas trop. Elle m’invite plutôt. À la découverte. À MA découverte.

Alors je fais le plein. J’enfouie mes doigts dans le sable. J’écoute les vagues. Je capture la chaleur du soleil. J’admire la ligne d’horizon. Je m’assure de bien ressentir cette paix/confiance/force qui gravite à quelque part à l’intérieur de moi. Parce que demain la pluie arrive. Parce que demain sera un jour idéal pour faire un tête à tête avec mes pinceaux et ma peur!

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