Vietnam en pas si bref

Voilà que le Vietnam s’achève pour moi. J’ai l’impression de ne pas vous en avoir assez dit sur mes deux semaines ici. Le Vietnam m’a trimballé d’un côté et de l’autre. Et ici je ne parle pas de mes longues heures dans les sleeping bus pour parcourir la moitié du pays, je me réfère aux émotions que le Vietnam m’a fait vivre.

Je dois dire que j’ai bien cru détester ce pays, mais mon jugement était précipité et dû à une mauvaise expérience. Je pensais savoir à quoi m’attendre, mais je n’avais pas tout à fait compris. Ou j’ai peut-être simplement été malchanceuse. Disons que si vous planifiez visiter ce pays, je vous dis ceci: c’est un beau pays et ses habitants sont sympathiques et chaleureux. Seulement, les premières personnes avec qui vous serez en contact ne seront pas les plus plaisantes. L’industrie du transport est sans aucun doute la plus malhonnête et  désagréable. Il faut se renseigner d’avance, magasiner, bargainer encore et encore parce que les prix seront gonflés et finalement, j’ajouterais qu’il faut être sur ses gardes. On n’a malheureusement pas toujours votre meilleur intérêt à coeur.

Mais au bout du compte, j’ai rencontré plein de gens au bon coeur, qui sont contents de rencontrer des étrangers et d’aider lorsque l’occasion se présente. J’ai eu droit à des milliers de sourires, de hello et de high five. Alors oui, je recommanderais le Vietnam à qui peut naviguer son chemin au travers des inévitables inconvénients à voyager dans un pays en développement où un signe de dollar est tatoué sur votre front. Et je dirais, ne vous laissez pas décourager par ce premier contact. C’est malheureux parce qu’il teinte immanquablement le jugement de façon négative et pourtant le pays et ses gens ont beaucoup plus à offrir. Mais le Vietnam n’est pas pour tout le monde.

Je ne me suis toujours pas habituée à la conduite sur les routes, aux liquides corporels qu’on expulse là où bon nous semble (incluant crachat et morve, même à l’intérieur), à certaines des pires toilettes que j’ai vu en Asie ( je n’ai rien contre la squat toilet lorsqu’il y a une poubelle pour le papier et un seau d’eau pour la chasse, mais ici, c’était parfois ni l’un ni l’autre et on se débarrasse même des cloisons. En fait, on fait pipi et caca en ligne dans un caniveau avec un filet d’eau courante pour assurer la « propreté » du lieu. Bon, ce n’était pas partout, mais je n’ai rien vu de tel en Thaïlande et au Laos).

Mais je veux vous dire un peu plus de chaque destination. Un abrégé, parce que je ne vous en ai pas dit grand chose et qu’il est trop tard pour tout dire dans le détail.

De Sapa, je retiens le brouillard opaque qui englobe tout et vous laisse grelottant. Je retiens la surprise des montagnes et des terrasses de riz lorsque la brume se lève finalement. La beauté du paysage. Je retiens surtout Chi et les Black Hmongs. Sa façon de poser pour la caméra, les mains sur les hanches, ses doigts qui se teintent d’indigo au contact de ses vêtements, la visite à sa mère, une impressionnante femme de 90 ans, accroupie devant le feu et fumant sa pipe de bambou.

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De Cat Ba et de la baie d’Halong, je me rappelle des karsts qui s’érigent hors de l’eau à perte de vue, dans un constant dégradé de gris. Le plaisir d’enfin avoir devant moi ce paysage si asiatique à mes yeux. Ces montagnes qui surgissent de l’eau comme des champignons qui pousseraient dans la forêt. La combinaison de lignes verticales et de formes arrondies, la texture du roc sous mes doigts alors que je fais de l’escalade sur une petite plage au milieu de la baie. La sérénité et le plaisir de faire du kayak à proximité de ces rochers, de plonger la pagaie dans l’eau clair. Parcourir l’île de Cat Ba en moto avec Louis, un Suisse rencontré en chemin et faire la rando jusqu’au sommet d’une de ces montagnes envahie d’une dense végétation.

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De Phong Nha, la majesté de la grotte du même nom, son ampleur et la grosseur de ses stalactites et stalagmites révélés par un éclairage naturel qui met le tout en valeur. Une tentative avortée de voir Paradise Cave par une barrière au milieu du chemin, un accident de moto et un gros coup sur la tête, la peur d’une commotion cérébrale et le soulagement de finalement éviter le pire. Dark Cave et son bain de boue, pour ne pas dire bataille de bouette, les kayaks gonflables indirigeables pour s’y rendre le long de la rivière turquoise. Une deuxième tentative à visiter Paradise Cave avortée par une randonnée qui s’étire beaucoup trop alors que je me perd dans le bois et que mon plan initial de faire une boucle s’avère impossible dans la dense végétation et au travers de multiples ruisseaux. Tout de même, une magnifique promenade en moto dans les magnifiques paysages du Parc de Phong Nha.

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D’Hoi An, les lanternes colorées dans les rues achalandées et bourrées de tentations, le souper avec Annie pour nos anniversaires décalés, la plage, les promenades à vélo avec le soleil, la brise et les couleurs, un massage par une aveugle qui insiste un peu trop pour massager la grosse prune dans mon front et qui me fait supplier pour ma vie, un gâteau fondant au chocolat avec crème glacée qui me rend heureuse comme seul peut le faire un tel dessert.

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Et puis voilà, au revoir Vietnam, bonjour Cambodge!

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