Viet Nam, une entrée fracassante!

Wow, si je voulais un choc culturel, je suis servie! Jamais une entrée dans un pays ne fût aussi fracassante que celle du Viet Nam!

Le passage à la frontière s’est très bien passé, mieux qu’au Laos en fait. Au Laos, on a pris mes papiers sans me dire un mot (une fois que la pause repas au milieu du bureau s’est terminée, dois-je mentionner. Heureusement, semblerait que celle-ci ne dure que dix minutes!) me laissant perplexe, sans compréhension. Ici, on m’a expliqué dans un bon anglais exactement ce qui allait se passer et même l’horaire des bus vers ma prochaine direction. Un des agents officiels a même échangé mes Kip du Laos pour des Dong du Viet Nam, monnaie courante de ces pays, en arrondissant en ma faveur!

De l’autre côté de la frontière, déjà les différences sont visibles. Les toits des logis ont une facture totalement différente et les maisons sont en bois et non en bambou. Dans les rizières, les chapeaux pointus pullulent. Mais tout cela n’est rien en comparaison de ce qui m’attend! L’attitude des Laos et des Viet-Namiens n’a rien à voir!

Nous ne sommes pas encore stationné au terminus de Diên Bien Phu qu’une masse d’hommes s’entassent devant la porte du mini bus, prêts à sauter sur leur proie comme des rapaces qui se chamailleraient pour avoir le meilleur morceau d’une carcasse encore fumante. Ils sont une dizaine qui se mettent à tirer sur le chandail du pauvre mec devant moi, essayant de l’entraîner dans leur bus, avec ou sans sa permission. Sans, de préférence! Heureusement pour moi, je suis une femelle caucasienne et ça les force à respecter une certaine distance.

Déjà, j’ai plus ou moins envie de passer la nuit à Diên Bien Phu et un bus part au moment même vers ma destination, Sapa. Aussi bien ajouter un autre neuf heures de route à une journée qui en contenait déjà douze! Au moins, après ce sera fini! Au comptoir des billets, les deux filles sont plus ou moins intéressées à aider la pauvre étrangère que je suis et pointent le menton en direction d’un bus. Après deux ou trois questions sans réponses, je leur tourne le dos relativement écœurée, mais pas vraiment surprise et me dirige vers l’autobus où on m’y pousse quasi de force! À peine le temps de me rendre aux toilettes, pas le temps de me prendre quelque chose à manger (déjà que mon alimentation de la journée se limite à une soupe aux nouilles, deux bananes, des biscuits…) qu’on me fait ôter mes souliers et me propulse dans l’antre du dragon dormant.

Parce qu’il s’agit d’un sleeping bus. Trois rangées de couchettes séparées par de maigres allées et ce sur deux étages. Une grosse couverture, un oreiller. Pour une fois, ma petitesse est un large avantage!  Parce que tous les autres ont les jambes  un tantinet repliées, faute d’espace. Comment vous expliquer la chose!? Figurez-vous un siège d’autobus, mais au sol, sans les pattes. Le dossier du siège de devant s’étend sur les jambes, ou enfin l’espace pour celles-ci, de la personne derrière. Le siège ne permet donc pas complètement de s’allonger. Mais ici je bénie le dieu qui m’accompagne car ma couchette est à l’arrière et rien ne l’empêche de s’étendre sur une belle ligne horizontale! Du moins, c’est ce que je croyais.

Jusqu’à ce que le gars pogne mon sac et mes souliers dans l’allée et me les jette dessus et qu’à plusieurs, ils poussent la rangée du milieu contre la mienne de façon à créer un espace de plus au sol pour y entasser d’autres corps! C’est à ce moment qu’un vent de panique s’immisce en moi et que ma claustrophobie se réveille. Je suis pognée au fond de ce bus sans pouvoir en sortir, entourée de toute part, sans toilettes et sans issue!

Alors j’ai décidé d’oublier toute ce qui se trouve autour de moi. J’ai enfoncé mes bouchons dans mes oreilles, me suis recroquevillée sous ma couverture, ai sorti ma tablette et me suis empêchée de penser. Me reste qu’à m’endormir maintenant. Ah, ai-je mentionné qu’il n’est que 20h00?!

Alors voilà! Je suis bien loin du paisible Laos!
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