Québécoise???

D’habitude à Banff le 24 juin, les Québécois se rassemblent de façon non officielle pour un gros party sur le bord de la rivière. Cette année, à cause des inondations, ce n’est pas le cas. Je les vois errer en ville comme des âmes en peine à la recherche d’un endroit où être bruyant et exhiber leur drapeau. Moi, je suis devant la télé et je regarde le show de la St-Jean à Montréal avec Guy A. Et je ne peux que réaliser que je suis beaucoup plus francophone que Québécoise. Enfin, je ne sais pas. Je ne sais plus. Qu’est-ce que c’est que d’être Québécois? Parce que lorsque j’écoute ce show à saveur patriotique où l’on prône d’être maître chez soi et de ne pas laisser saccager ses ressources naturelles, je tique. Je me dis que tenir à ses ressources n’a rien à voir avec être Québécois, mais plutôt avec être humain et préoccuppé par sa planète. Figurez-vous que seulement 30% des Canadiens ont voté pour Harper. Ils restent donc 70% d’eux qui partagent probablement une bonne partie des valeurs québécoises ou du moins, qui ne partagent pas les valeurs du Parti Conservateur.

Qu’est-ce que c’est que d’être Québécois? Qu’est-ce que c’est que d’être Canadien? Qu’est-ce que c’est que d’être citoyen du monde?? Je sais bien que je serai toujours Québécoise. Mes racines y sont, ma culture maternelle et mes références aussi. Je ne connais rien des vedettes canadiennes, je ne sais qui est le Premier Ministre de l’Alberta (en fait, je sais que c’est une femme) et je ne sais pas trop ce qu’est la culture canadienne. À part peut-être le Stampede à Calgary… Mais je sais que je suis de plus en plus Canadienne. Parce que dans mon coeur, il y a des amis qui viennent de 8 provinces et territoires canadiens (Et vous, combien de Canadiens connaissez-vous?). Et ces amis me sont aussi chers que ceux du Québec. Et ils partagent avec moi plusieurs valeurs importantes. Peut-être même plus que certaines de mes connaisances québécoises. Parce qu’un pays est formé par les gens qui l’habitent et si seulement on n’était pas isolé par nos langues réciproques, par nos deux solitudes, on se rendrait compte que les voisins d’à côté ne sont peut-être pas si pire que ça après tout. Plus on habite son pays, plus on voit le monde, plus on crée des liens, plus celui-ci devient petit et humain.

J’écoute le show et on parle constamment d’avoir un pays. Pourquoi tout le temps ce mot? On ne peut avoir une culture sans avoir un pays? Qu’est-ce qu’ être un pays ? Je ne sais pas. J’imagine que j’ai des lacunes dans le fait politique.

Assise dans ma chambre en Alberta, je regarde le show de la St-Jean sur la télé de Radio-Canada et je me sens fort peu interpellée par ces discours patriotiques. Par contre, ma fibre francophone est titillée par les discours qui touchent la langue que j’aime et que tant d’autres Canadiens à travers le pays luttent pour conserver. Et pensez deux secondes aux Franco-Ontariens, aux Franco-Manitobains, aux Francophones du Nouveau-Brunswick et à tous les autres. Leur combat pour être servi dans leur langue est bien plus gros que celui de ceux qui vivent dans une province officiellement francophone. Et c’est ce que je voudrais que la St-Jean soit: une fête de la francophonie. Et c’est en fait ce qu’elle était avant que la politique s’en mêle et que le Québec se l’approprie comme fête nationale en 1977.

Je dois avouer ne jamais avoir participé aux célébrations officielles de la St-Jean oragnisées dans la vallée de la Bow par la communauté francophone. Et bien sûr cette année, ça tombe à l’eau, sans jeu de mots! Mais maintenant, je suis curieuse. Curieuse de savoir comment les francophones du Canada et les Québécois qui ont choisi de vivre en dehors de la Mère Patrie célèbrent leur culture et leurs racines francophones. J’ai l’impression que ça me parlerait davantage. Et c’est pour ça que je me dis que je suis davantage francophone que Québécoise.

Des fois, j’aimerais que le Québec soit un peu moins hermétique et que son combat soit celui de tous les Franco-Canadiens. Mais bon, ce n’est que le point de vue d’une expatriée déconnectée de la réalité québécoise depuis déjà 5 ans. Une exilée qui n’a toutefois jamais cessé d’aimer sa langue maternelle et de s’intéresser à sa réalité dans l’ensemble de son grand pays rempli de gens admirables, fancophones et anglophones!

http://www.canadiana.ca/node/391

http://www.noslangues-ourlanguages.gc.ca/bien-well/fra-eng/vocabulaire-vocabulary/stjeanbaptiste-fra.html

http://www.fcfa.ca/user_files/users/40/Media/400%20ans%20plus%20tard.pdf

http://www.lapresse.ca/actualites/national/201210/24/01-4586671-lassimilation-des-francophones-hors-quebec-se-poursuit.php

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