Dégénérations

Hier, alors que je cherchais de la musique bien québécoise à faire écouter à Antonio, mon ami artiste/agriculteur/et bien plus, j’ai redécouvert Dégénérations de Mes Aieux. Ce que je me rappelais surtout de la chanson, c’est comment je n’étais plus capable de l’entendre tellement les stations de radio l’ont usée. Maintenant, alors que ma vie est bien différente, alors que je vis sur une ferme, elle prend un sens beaucoup plus profond. Elle m’apparaît délivrée un message très juste, criant de vérité. Je vous suggèrerais d’en regarder le clip.

http://youtu.be/Q8U-XQYJwDY

Quelque part autour des années 50, après des années et des années de dure labeur, alors que les inventions en tout genre pullulaient pour enfin nous faciliter la vie, l’agriculture et la vie sur une terre furent considérées comme arriérées. Le futur était dans les technologies, la ville, ce nouveau monde qui s’offrait à tous via la voiture, la télévision, la machine à laver, le fer à friser, le pétrole. On s’est mis à dénigrer la terre, le travail de fermier, d’agriculteur, la simplicité d’une vie régentée par le cycle des saisons, le lever et le coucher du soleil.

Aujourd’hui, dans nos vies super modernes, où on a eu la chance de tout avoir (favorisés que nous sommes de faire partie des 20% qui utilisent 80% des ressources énergétiques de notre monde), on commence à s’épuiser, on commence à se sentir vide avec les poches pleines. C’est qu’on n’a pas nécessairement appris à se réaliser personnellement. Se réaliser sur le plan sociétal, monétaire, ça on a appris. On commence à questionner le sens d’une vie métro-boulot-dodo gouvernée par la montre que l’on a au poignet et l’argent que l’on a dans nos REER. On commence à se demander à quoi sert de cumuler les possessions, de consommer autant si  le prix à payer est d’interminables heures de travail, l’épuisement psychologique, la détérioration de sa santé, de son couple, de sa famille.

Et puis, en se questionnant le moindrement, on se rend vite compte que toute cette consommation n’est pas salubre. On prend, on détruit, on contamine, on abuse des ressources et de l’énergie de façon alarmante. On court tout bonnement à notre perte. Tout ça pour une idée du confort basé sur un modèle absolument déraisonnable. Et qui n’apporte même pas le bonheur.

Alors, on commence à se dire qu’il y a peut-être d’autres modèles, qu’il est peut-être ailleurs le bonheur, qu’il doit bien y avoir des modèles de vie qui nous offre la possibilité de vivre plus sainement, de façon plus raisonnable et en meilleur harmonie avec la nature, avec l’univers, avec soi-même. Il doit bien être possible de s’éloigner du stress qui fait partie de nos vies modernes, de consacrer davantage de temps à des valeurs humaines plutôt que monétaires. De vivre des richesses de la terre plutôt qu’à ses dépends, de bénir le sol qui nous nourrit plutôt que de le punir en l’empoisonnant et par le fait même, de nous empoisonner nous-mêmes sans même s’en formaliser. Il doit bien être possible de vivre en équilibre, en harmonie avec cette terre et cette vie qui nous sont prêtées.

Alors, on réfléchit, on se questionne, on s’informe, on réévalue, on modifie, on change, on améliore. On s’améliore.  Pour soi. Pour tous.

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