Des fois, c’est facile

Certaines de mes connaissances, donc certain d’entre vous, semblent avoir un sens inné pour profiter de chaque moment. Ce n’est pas mon cas. Même en voyage, loin du travail, il y a des jours où je me demande à quoi tout cela rime. Par contre, certain jour, comme aujourd’hui, c’est facile d’être bien et de profiter de ce qui s’offre à moi. Et d’être reconnaissante pour la drôle de vie qui est la mienne.

Ce matin, j’ai lacé mes souliers et, de Cadaqués, ville catalane en bordure de la méditerranée, j’ai entamé la randonnée qui me mènerait au populaire Cap de Creus. Quelle magnifique balade! Ça commence par une marche à flanc de falaise. Très beau, mais pour être franche, je n’arrivais pas à me débarrasser de ma trouille que le roc s’écroule sous moi. Mais au moins, la trouille, ça fait sentir vivant.

Puis, le sentier s’éloigne de la mer pour traverser la péninsule dans un incroyable paysage aride. En cet endroit habituellement assailli par les vents, tout ce qui arrive à pousser est piquant et de petite taille.  D’ailleurs, la végétation mène une lutte serrée pour arriver à se faire une place  sur ce promontoire rocheux, classé réserve naturelle et protégé depuis 1998. Ces roches vieilles de plus de 450 millions d’années et trouées de toute part, rappellent vaguement un paysage lunaire ou une oeuvre de Dali. Et lorsque l’on sait que l’on se trouve dans les lieux où a grandi et vécût Salvador Dali, on comprend un peu mieux d’où lui venait une partie de son imaginaire.

L’endroit est de toute beauté, peu importe où l’on pose son regard. Outre le son parfois lointain de la mer, les insectes bourdonnent sans relâche et forment le gros de la trame sonore. Du haut d’une falaise, je peux voir trois poissons de bonne taille nagés dans l’eau clair d’une calanque. Et je vois enfin le fameux Cap de Creus qui se dresse en altitude avec son phare apparemment caractéristique. Plus que quelques pas!

À l’arrivée, une vue gratifiante couronne en beauté cette randonnée déjà parfaite en soi. Et le soleil revenu me félicite encore davantage de mes efforts. Alors, face à cette superbe vue, je prends un repas de saucisse catalane et de haricots blancs. Une fois ravitaillée, je pousse davantage l’exploration sur ce massif rocheux. Le soleil baisse et baigne la roche d’une lumière orangée. La mer est tout près. C’est beau.

Je suis rassasiée. Et surtout, je ne me vois pas refaire le chemin inverse. Surtout qu’avec mon pas lent, je n’arriverais jamais avant la noirceur. Un jeune couple catalan et leur fillette répondent à mon pouce levé en bordure de route. Ils ne parlent pas espagnol, que catalan. Mais ils se débrouillent en anglais. Marta, la maman, est enceinte. 42 semaines. Junior ne veut pas sortir. Demain, espèrent-ils. Ils me ramènent au centre-ville de Cadaqués où j’arrive à temps pour voir le jour tombé et cette énorme lune jaune se lever au-dessus des toits.

Comme je vous dis, il y a des journées où c’est facile d’être heureux.

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